Publié par : Modern Montreal Dad | décembre 8, 2009

De l’uranium a Sept-Iles?

Ma ville natale fait les manchettes depuis quelques jours. Un bloc de 20 médecins rattachés au centre hospitalier de Sept-Iles (il y a en 56 au total) menace de démissioner et quitter la région si un projet minier visant l’extraction de l’uranium voit le jour. Il faut comprendre que la santé demeure un point sensible au Québec. Il existe une pénurie depuis quelques années et le recrutement de ce personnel est souvent très difficile pour les régions éloignées comme la Cote-Nord. Alors, quand une telle menace est lancée, c’est quelque chose qui mérite une attention particulière et immédiate.

Toute cette polémique actuelle est centrée sur les travaux d’exploration de la compagnie Terra Ventures au Lac Kachiwissn, qui se retrouve sur le territoire septilien. Selon certaines études, le site a des caractéristiques semblables au site Rossing en Namibie qui assure près de 7-8% de la production mondiale d’uranium. On parle donc d’un site à fort potentiel. Mais l’uranium, ça fait peur. Et quand quelque chose fait peur, tout débat sensé et objectif devient malheureusement impossible.

Je ne connais pas beaucoup l’industrie uranifère et effectivement, je crois qu’il faut être très prudent avant de procéder. Il faut jeter un coup d’œil à d’autres sites d’exploitation existants afin de comprendre les véritables conséquences sur les humains et les environs. Mais je ne suis pas du tout d’accord avec la sortie publique des médecins. Je trouve que leur position est plutôt irresponsable. Oui, ils ont un rôle de veiller à la santé publique. S’il y a une menace, c’est leur devoir de le mentionner. Mais ils devraient d’abord se concentrer sur leur métier et se tenir à l’extérieur des débats politiques. Pourquoi une menace par rapport à l’uranium et non par rapport au tabac, au fastfood ou à la sécurité de la route 138 en hiver ? Selon moi, ces trois derniers éléments représentent un risque beaucoup plus important pour la santé de la population locale. Je n’aime pas trop qu’un syndicat (parce que les médecins sont qu’un gros syndicat qui cherche à protéger son monopole) d’un petit groupe de personnes puissantes menace la population de cette façon.

Je ne suis pas pro-uranium. Je n’ai pas assez de données et de faits pour prendre une telle position. Mais en même temps, je suis un réaliste. Cette région vit aux rythmes des cycles « boom-bust » des industries minières. Ce pense donc que cet élément représente une option intrigante pour la région. L’uranium va continuer à croître en popularité dans les décennies à venir puisque les pays chercheront des sources d’énergie supplémentaires tout en minimisant leur empreinte carbone. Je ne dis pas qu’il faut dire oui à l’uranium à n’importe quel prix. Il faut faire ses devoirs et prendre une décision éclairée en ne tenant pas compte de la rhétorique provenant des deux camps.

Le nouveau maire de la ville de Sept-Iles, Serge Lévesque, a promis de consulter la population locale sur cette question. D’ailleurs, le gouvernement québécois a promis de respecter la volonté des septiliens et septiliennes sur cette question. J’ai bien hâte de voir leur réponse. Alors, oui ou non à l’exploitation uranifère à Sept-Iles ?

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Responses

  1. Moi je suis pour la sortie des médecins, puisque ça faisait longtemps que les gens de Sept-Iles manifestaient et personne n’en entendait parler dans les grands centres.

    Tant qu’on ne saura pas quoi faire des déchets d’uranium, il faut refuser d’utiliser cette énergie.

    Connaissant ce qui s’est passé dans les dernières années au Québec dans le secteur des ressources, il est clair que le gouvernement se serait encore mis à plat ventre devant une binerie au nom du développement économique. Le vérificateur général rapporte que les minières n’ont payé que 10% (259 millions) des 2 milliards de redevances auxquelles le Québec avait droit de 2002 à 2008, mais ils ont reçu 624 millions de subventions ! De plus, lorsque la production se termine, ce sont les contribuables québécois qui payent pour la décontamination des sites . Les coûts liés à la santé sont aussi assumés par les contribuables. La cerise sur le sundae : 40% des dépenses d’exploration d’uranium sont financées par les contribuables.

    Il faut aussi se demander ce qu’il arrviera aux grandes industries de Sept-Iles si les gens sont contaminés et personne ne veut aller y travailler pour Alouette ou IOC ?

    Pour faire du développement économique, il faut savoir compter.

  2. @ JF : Ce sont de bons points. Mais la compétition globale pour attirer les investissements de l’industrie minière est compétitive et ils reçoivent toujours des avantages fiscaux de la part des gouvernements locaux. Ce n’est pas juste ? Oui, mais ça fait parti de la « game ». C’est la même chose pour une tonne d’industries autres (aéronautique, pharmaceutique, etc). Mais oui, le gouvernement doit définitivement mettre ses culottes et faire respecter les contrats signés avec ces grandes multinationales. Quand au véritable risque de santé, je pense que c’est aux élus de rédiger un cahier des charges pour encadrer toute activité d’exploration et d’extraction et surtout, le faire respecter à tout moment! Ca prend des couilles, partie anatomique qui est souvent manquant chez certains de nos politicien(ne)s.

    Pour l’uranium, la position du Québec sur le sujet peut être prise relativement facilement. Nous sommes chanceux de pouvoir compter sur un territoire permettant un développement hydroélectrique impressionnant. Ah, cette belle ressource renouvelable et relativement peu polluante. Les québécois sont chanceux ! On peut facilement interdire toute prospection uranifère sur notre territoire et les conséquences pour nous sont minimes. On peut donc facilement dire aux autres nations que toutes les autres formes d’énergie sont mauvaises et ainsi faire la morale sans offrir de solutions à leurs besoins locaux. Du genre, tu n’as pas de ressources naturelles et que tu veux éviter de pomper des tonnes de carbone dans l’atmosphère, tu fais quoi ? Je ne pense pas qu’on peut freiner le développement de l’énergie nucléaire. Marius, on peut décider si on veut y participer ou pas. Avec la technologie CANDU et les ressources sur places, on pourrait développer un joli créneau. Mais bon, c’est aux gens sur place de décider. Pas aux parisiens d’adoption 🙂

  3. « menace de dimensionner  » , eh? Maybe you should stay in Paris a little longer 🙂

  4. Pour avoir assister aux débats depuis le début, soit lors d’entrevues sur le terrain en avril dernier et ensuite, en juin au colloque sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium par la CRÉ, j’appuie les médecins qui sont sortis cette semaine. Monsieur Imbault est un professionnel qui connaît bien ses dossiers et qui a réussit à faire valoir ses points en se basant toujours sur des propos qu’il pouvait prouver. Je ne dis pas qu’il a raison PARCE QU’il est un professionnel, mais cela donne de la crédibilité au mouvement contre l’uranium, à Sept-îles. Je suis personnellement contre le développement de l’industrie nucléaire au Québec et contre la réfection de G2, d’abord et avant tout parce que ce n’est pas une industrie dont on a BESOIN, sur laquelle ON DÉPEND. Ensuite, c’est un choix de société: notre portrait énergétique et l’approvisionnement ne ressemblent en rien au contexte de la France, qui elle, est dépendante du nucléaire.
    Mais que de débats intéressants… j’écrirais encore longtemps, si ce n’était pas de la fin de session!

  5. @D-Poolio: Merci à toi et Nick d’avoir noté cette erreur… Stupid logistics vocabulary 😉

  6. Je suis contre l’exploration et contre l’exploitation pour l’uranium. Les compagnies minières ont mauvaise réputation en environnement. Ils polluent beaucoup avec des minéraux ordinaires. Imaginez ce qu’ils feront avec l’uranium (résidus miniers radioactifs, eau polluée par les résidus ordinires ou radioactifs, eau et air pollués par le radon, abandon du site à la fin de l’exploitation, etc. En plus, les centrales nucléaires ont peu d’avenir au Québec.

    Je suis contre la menace de démission des médecins. C’est la seule arme de négociations qu’ils utilisent; ils menacent de démissionner pour négocier leurs salaires, ils menacent de démissionner parce qu’ils sont débordés dans leur travail. Et ils ne le font jamais. J’aimerais mieux que les médecins s’impliquent plus dans leur milieu et qu’ils fassent du lobbying. Du moins autant que les promoteurs miniers ($) et les hommes d’affaires de la région ($).

    En plus, pour les gens de Sept-Îles, il y a le syndrôme du pas-dans-ma-cours. On se fout s’il y a exploitation en Namibie ou en Saskatchewan mais alors si c’est chez moi…

  7. je corrige tout de suite mes 2 fautes de français avant que d-poolio ne le fasse.
    ordinires = ordinaires
    cours = cour


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